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Mona El Yafi

Comédienne, Dramaturge et Codirectrice de Diptyque Théâtre

 

 

MONA, QUE SERAIT LE MONDE SANS L’ART ?

 

Un enfer. Je ne peux même pas le penser. L’être humain ne peut pas “être” sans créer, sans lien à la création. Cette conscience que l’on a de nos limites et de notre propre mort, de cette finitude qui est la nôtre, engendre un désir d’ailleurs, un désir de comprendre et d’aller chercher des formes nouvelles, que l’on soit consommateur ou créateur.

Ce qui m’émeut dans le théâtre c’est la sincérité, l’organicité, la connexion entre le corps et la voix, et puis le fait que cela me fasse penser, ce qui est vrai pour toute œuvre, un roman, un tableau…Il y a un avant et un après. Dans le théâtre spécifiquement, il y a un avant-après qui se joue au niveau de cette humanité à fleur de peau. Il y a une espèce de concrétion entre ce que l’on peut ressentir et ce que l’on voit, une sorte de “sur-humanité”, de “sur-fragilité”. C’est la frontalité de la présence qui me fascine, le rapport au langage. J’aime le théâtre plus que le cinéma, j’aime ce côté incarné, sans filet…Il n’y a pas de distance.